ISSN: 2038-0925

“Circulations, échanges, objets. Moyen-Âge – Époques moderne et contemporaine”

 21, 22 & 23 juin 2017

 Université PARIS DIDEROT | laboratoire Identités Cultures Territoires (ICT) 

AMPHI TURING 

Bâtiment Sophie Germain (sous-sol) 

8 place Aurélie Nemours (sur l’avenue de France), Paris 13e 

 

Négocier est un terme classique tant de l’histoire économique que de l’histoire diplomatique et des relations internationales. « Faire negoce, faire trafic (negocier en Levant ; negocier de draperie) » nous dit, par exemple, le Dictionnaire de l’Académie française de 1694 mais aussi « Traiter une affaire avec quelqu’un (C’est luy qui a negocié cette affaire, ce mariage, cette reconciliation ; il a negocié la paix entre ces deux Princes. negocier un Traité. une Ligue) ». Le terme renvoie donc directement à la sphère des pratiques du marchand, du négociant, mais aussi à celle du politique : il évoque une expérience du dialogue et du compromis comme substitut à la domination unilatérale. Dans la diplomatie, négocier passe par des rituels, des cérémoniaux, la circulation des étiquettes, tantôt appropriées, adoptées, adaptées, tantôt détournées. Négocier se poursuit, même quand les relations diplomatiques sont rompues. Les techniques et les savoirs entrent dans la capacité à négocier, en sont à la fois un préalable et une immédiate conséquence. Négocier dépasse donc les seuls domaines économiques et politiques et ne s’y circonscrit pas.

Notre colloque invite à la réflexion à l’échelle du monde pour souligner l’importance des espaces et des circulations pour la négociation. À chaque période historique, le « monde » varie. Au Moyen Âge, pour les occidentaux, il est celui de la route de la soie, du bassin méditerranéen ou des limites vers la zone torride ; alors que, du côté de l’Orient, il serait, symétriquement, celui d’un Océan indien, Méditerranée asiatique, elle aussi déjà « mondialisée ». A l’époque moderne, le monde devient celui des « Quatre parties », progressivement construites, en Occident du moins, à partir de la vision tripartite de Ptolémée, celui de la première mondialisation, de la mise en contacts régulière des continents. L’échelle proprement globale est atteinte par la mondialisation du xxe siècle.

Par cette réflexion sur les espaces, on cherche surtout à mettre au centre les échanges, y compris conflictuels, entre aires culturelles et les liens entre négociation et circulations, d’objets, de savoirs, d’acteurs et d’identités. Dans chaque configuration se jouent, au sein de la négociation, des rapports entre échelles variées : celle des acteurs impliqués ; des situations locales dont ils proviennent ou à l’intérieur desquelles ils négocient ; et celle globale qu’ils construisent collectivement, avec un périmètre variable, en fonction des contextes.

Ce colloque nous invite ainsi à réfléchir à une histoire économique et politique mais aussi intellectuelle et culturelle de la négociation. S’y verront traités aussi bien les rituels de négociation politique, la part qu’y jouent les langues en particulier, que les enjeux sociaux de négociation des identités et des pratiques, à travers les questions de genre ou de mariage. Le patrimoine sera un axe privilégié, de la constitution de collections à la perception de l’espace urbain comme territoire négocié à différentes échelles. L’exemple des transports sera appréhendé sous la forme des négociations internationales et de la tentative de fixation de normes technologiques. Enfin, une approche matérielle de ces pratiques de négociation sera au coeur des discussions. Il s’agira de se pencher sur les « objets de négociations », les artefacts jouant le rôle soit de démonstration de force symbolique, soit de terrains intermédiaires, de lieux de rencontre entre les différentes parties, au centre d’un jeu de traductions, que ces objets soient le coeur de la négociation, ou qu’ils en soient un des moyens, des drapeaux aux présents diplomatiques.

La rencontre invitera ainsi des chercheurs d’horizons différents à se pencher sur un objet commun, la négociation, pour en saisir les enjeux et les modalités dans des contextes variés.

 

COMITÉ D’ORGANISATION  Charlotte de Castelnau-L’Estoile, Sophie Coeuré, Laurent Dedryvère, Indravati Félicité, Didier Lett, Sébastien Pautet, Judicaël Petrowiste, Fabien Simon

CONTACTS  Laurence Griffoul | labo.ict@univ-paris-diderot.fr

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